Le végétalisme a la côte depuis quelque temps. En fait, il suffit de visiter les librairies pour constater qu’elles foisonnent d’ouvrages traitant de cette pratique alimentaire. Une mode ou un must? Bonne question.
 

D’une part, les évidences scientifiques démontrent que notre consommation excessive de produits animaux a un impact inquiétant tant sur notre santé que sur notre écologie. D’autre part, retirer tous les produits animaux de l’alimentation humaine n’est pas nécessaire pour améliorer l’état de la situation.

Végane, végétarien, flexitarien, on en perd son latin!

Le végétarisme est une pratique de consommation. Il existe plusieurs types de végétarisme qui vont du végétarisme strict, aussi appelé le végétalisme ou véganisme, au flexitarisme, qui veut dire semi-végétarien.

Dans l’assiette du « végane », il y aura uniquement des produits végétaux. Donc, aucune viande, aucun poisson, œufs, produits laitiers ou sous-produits animaux tels que du bouillon de poulet, de la gélatine ou du miel. Cette pratique alimentaire tient davantage d’une philosophie de vie puisque les végétaliens refusent tout produit provenant d’une exploitation ou d’une souffrance animale. En somme, un végétalien ne portera pas de cuir et n’utilisera pas de produits cosmétiques testés chez les animaux.

Quant à lui, le lacto-ovo-végétarien évitera la viande, la volaille et les produits animaux marins. Par contre, il consommera des produits laitiers et des œufs. Certains vont même étendre cette forme de végétarisme au lacto-ovo-pesco-végétarisme et n’excluront que la viande et la volaille de leur alimentation.

Le poids de la viande sur notre écologie

Depuis quelques années, des documentaires tels que Cowspiracy et La face cachée de la viande mettent en lumière les effets de la surconsommation de la viande tant sur le plan de la santé que sur ceux de l’éthique et de l’écologie.

Ces genres télévisuels présentent un sujet abordant un angle bien précis et dans le cas de l’élevage et de la consommation de viande, ils forcent une réflexion. Il devient indispensable de s’intéresser à l’alimentation durable puisque notre système agroalimentaire actuel est tout sauf durable. Nous dépensons plus d’énergie à produire, transformer et transporter nos aliments qu’ils n’en contiennent.

  • La production d’aliments d’origine animale est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité de l’homme, soit l’équivalent de tous nos moyens de transport réunis.
  • Le mangeur de viande produit le double de gaz à effet de serre par kilogramme de C02 que le végétarien.
  • L’élevage du bœuf et la production laitière sont responsables des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre liées à l’élevage.
  • Selon une étude nord-américaine, si nous ne modifions pas nos pratiques de pêche, nous aurons épuisé nos réserves de ces précieux nutriments marins d’ici 2048.

Repenser notre modèle alimentaire planétaire allant de la production jusqu’au choix dans l’assiette est davantage un impératif qu’une mode.

Mais, par où commencer?

Les professionnels de la santé vous recommanderont la méthode des petits pas. C’est-à-dire modifier ses habitudes alimentaires une étape à la fois. Cette méthode est plus accessible et réalisable que la méthode du tout ou rien.

Plusieurs pays, dont le Canada, ont lancé des initiatives du type « Les lundis sans viande ». Ces campagnes ont élaboré des sites qui nous proposent de végétaliser notre alimentation un jour par semaine. Ces sites sont une mine d’idées recettes, de trucs et de conseils pour y arriver simplement. Ce genre de changement graduel peut paraître anodin, mais collectivement il a une incidence importante.

Est-ce que le végétalien est plus susceptible d’avoir des carences alimentaires que l’omnivore?

Faire de mauvais choix et manger très transformé expose tant l’omnivore que le végétalien aux carences!

Par contre, manger « végane » signifie retrouver ailleurs que dans la viande ces précieuses protéines, si importantes pour la santé.

Les protéines sont faites d’acides aminés dont neuf sont essentielles. C’est-à-dire que le corps n’est pas en mesure de les produire et il faut donc les puiser dans son alimentation. La viande est une source de protéines complètes puisqu’elle contient ces neuf acides aminés essentiels. Par contre, à l’exception du soya, les végétaux riches en protéines sont incomplets. Varier les noix, les graines, les légumineuses et les produits céréaliers dans la journée assure la complémentarité des protéines fournissant ainsi tous les acides aminés dont l’humain a besoin.

Mieux vaut réduire que ne rien faire du tout!

Bref, végétaliser davantage son alimentation n’est pas une mode, mais bien un must. Nous pouvons sauvegarder nos ressources et la santé de nos populations grâce à nos choix alimentaires. Doit-on épouser entièrement la philosophie alimentaire végétalienne? Probablement pas.

Les actions suivantes auront un impact significatif sur la santé et sur la planète :

  • Réduire la portion de viande dans l’assiette au profit de celle des végétaux.
  • Opter pour des produits locaux qui auront parcouru moins de distance pour se rendre dans votre assiette.
  • Contribuer à sauver notre faune marine qui s’épuise rapidement en choisissant des produits issus de la pêche durable.

Vous êtes convaincus?

Adoptez LE meilleur truc pour végétaliser votre alimentation : végétalisez vos classiques.

La prochaine fois que vous ferez un pâté chinois, remplacez la moitié de la viande par des lentilles. Ou encore, dans votre sauce pour spaghetti italien, substituez la moitié de la viande par du tofu émietté.

Prêt pour la découverte?

Voici 2 suggestions de recettes végétaliennes savoureuses et hyper nutritives. Développées par une nutritionniste, elles ont le sceau santé et sauront plaire aux fins palais!

Velouté de poireau et topinambours

Tortillas de tofu brouillé