Depuis quelque temps, en réponse à la parution de divers ouvrages, la question du retrait des produits laitiers refait surface. Certains vont dans la démagogie et ils affirment que le lait et les produits laitiers sont faits que pour les veaux. Qu’ils sont toxiques pour le corps humain! Mais, qu’en est-il vraiment?

Tout d’abord, force de constater que plusieurs font des abus dans les rations quotidiennes consommées de fromages. Ces derniers sont riches en calories, lipides et sodium. Trois éléments à consommer avec modération. En fait, 50 g de fromage cheddar (l’équivalent d’une portion de la grosseur de 2 gommes à effacer d’écolier) contient 200 kcal, 17 g de lipides, dont 12 g saturés, 12 g de protéines et 350 mg de sodium. Pour obtenir l’équivalent en énergie, il faudra consommer presque 9 poireaux entiers!

Il importe de mentionner que la plupart des produits laitiers renferment du lactose. Pour une importante tranche de la population, il occasionne des symptômes gastro-intestinaux. Le lactose, principale source de glucide du lait, n’est pas directement absorbé par le corps. Il doit être métabolisé par une enzyme, la lactase. Ensuite, le glucose, et le galactose produit seront digérés. La maldigestion du lactose est assez commune. Une bonne proportion de la population mondiale voit ses taux de lactase diminués après l’enfance. Donc, la portion du lactose non digérée sera fermentée par le microbiote (les bactéries du tube digestif) ce qui peut causer des ballonnements, flatulences et gêne abdominale. Le terme « intolérance au lactose » est un diagnostic posé par le médecin lorsque les symptômes de maldigestion du lactose s’aggravent. Pour y remédier, on peut se tourner vers des comprimés d’enzymes digestives, des produits sans lactose ou encore des substituts du lait tel que les boissons de céréales enrichies de calcium et vitamine D. De façon générale, les fromages fermes renferment peu ou pas de lactose. Les yogourts, quant à eux, contiennent des bactéries qui favorisent la digestion du lactose et donc amenuisent les symptômes gastro-intestinaux.

Les recherches indiquent que l’intégration quotidienne et progressive de petites quantités d’aliments contenant du lactose augmente la tolérance et peut réduire à long terme les symptômes gastro-intestinaux. Comme le lactose agit aussi comme pré biotique, il devient intéressant d’en faire l’essai!

Il faut aussi savoir que, parfois, l’intolérance est momentanée. En fait, les grippes intestinales, la prise de certains médicaments ou des intoxications alimentaires peuvent créer une maldigestion transitoire au lactose. Une fois remis sur pied, il est possible de reprendre graduellement les produits laitiers.

Finalement, il faut aussi distinguer l’allergie au lait de la maldigestion et de la surconsommation.

L’allergie au lait est une réaction excessive du système immunitaire aux protéines qui se trouvent dans le lait. Elle est assez rare et affecte peu les adultes. Généralement, elle se retrouve chez 2 à 4 % des nouveau-nés. L’allergie au lait chez les tout-petits tend à disparaître avant l’âge de 3 ans. L’allergie peut se manifester par de l’urticaire, des rougeurs, de l’eczéma, la diarrhée ou la constipation, la congestion nasale, la toux, des difficultés à respirer et des vomissements. Il est primordial de consulter un médecin et d’obtenir un diagnostic, car le retrait de ces aliments chez le nourrisson et le jeune enfant peut induire des carences nutritionnelles qui pourront compromettre la croissance et la santé. Une consultation auprès d’un diététiste-nutritionniste sera nécessaire afin d’ajuster l’alimentation en conséquence et de s’assurer de bien reconnaître les produits pouvant contenir du lait ou des produits faits à base de lait.

Bref, les produits laitiers sont des aliments comme les autres. Ils ont des avantages et désavantages. Ils ont leur place dans une saine alimentation. Selon notre tolérance et notre état de santé, on peut en consommer tête tranquille. À mon avis, il faut ni les diaboliser ni les idéaliser!