Y a-t-il des « bons » et des « mauvais » aliments? 5205 bb69bf91-1981-4c86-b514-ab986f2db441 article Elisabelle Hardy Dt. P. Elisabelle Hardy Dt. P. /media/zhgnyltk/y_a-t-il_des_-_bons.jpg Alimentation saine 2018-05-14 08 h 45 min 44 s Printemps

Le Web fourmille d’information sur la nutrition, en passant par les superaliments jusqu’aux aliments « à proscrire » pour être en bonne santé ou pour perdre du poids. Mais qu’en est-il vraiment? Existe-t-il réellement des « bons » et des « mauvais » aliments?

Le 6 mai s’est tenue la 11e édition de la Journée internationale sans diète et cette année, l’organisme Équilibre amenait les gens à prendre conscience des règles alimentaires qu’ils s’imposent et à réfléchir à la relation qu’ils entretiennent avec la nourriture. Voyons comment vous pouvez dès aujourd’hui avoir une vision plus positive de votre alimentation.

L’impact des restrictions

Pour bien des gens, les choix alimentaires qu’ils font au quotidien sont le résultat d’une réflexion à savoir si l’aliment est « bon » pour leur santé. Ce faisant, les envies spécifiques et les goûts personnels sont parfois mis de côté au profit des bénéfices potentiels des aliments qu’ils choisissent.

Comment vous sentez-vous lorsque vous mangez quelque chose de la catégorie d’aliments « mauvais » ou « interdits »? Après coup, vous ressentez fort probablement des émotions négatives comme de la culpabilité.

Classer les aliments est une forme de restriction cognitive; des règles alimentaires qu’on s’impose consciemment ou non. Lorsqu’on s’interdit de manger un aliment, on ne fait qu’augmenter notre désir pour celui-ci. Le jour où l’aliment est disponible, on risque alors d’en surconsommer en réaction à la restriction psychologique et à des pensées telles que « je n’en remangerai pas avant longtemps » ou « je n’en rachèterai plus ». On risque alors d'entrer dans un cycle de restrictions, rages alimentaires et culpabilité, où la relation à la nourriture peut devenir malsaine.

Cesser de culpabiliser

Pour imager le phénomène, la culpabilité peut être représentée par un marteau. Lorsque vous mangez quelque chose que vous aimez faisant partie de votre catégorie de « mauvais » aliments, c’est un peu comme si vous vous cogniez sur la tête avec le marteau. Pourrez-vous concentrer votre attention sur les saveurs, les textures, le plaisir ressentis en bouche? Probablement pas!

Le hic, c'est que la culpabilité nous empêche de vivre le moment présent et d'avoir du plaisir à manger. On a tendance à manger plus rapidement et à ne pas réellement goûter. Résultat : la satisfaction n'est pas au rendez-vous. On risque alors d'en manger plus pour compenser le manque de plaisir. Une fois l'expérience terminée, on se sent honteux et on regrette.

Tous les aliments ont leur place

Bien manger, c’est respecter ses goûts, son corps et avoir une pensée positive par rapport aux aliments, quels qu’ils soient. Une alimentation équilibrée inclut des aliments nutritifs, mais aussi des aliments plaisirs. Lorsqu’on laisse une place à ceux qui nous font du bien comme du chocolat ou des croustilles, on peut en manger une quantité modérée et être satisfait. Enfin, la façon de manger notre aliment plaisir joue un rôle par rapport au degré de satisfaction qu’on en retirera : tentez de le déguster le plus lentement possible, évitez toute distraction et branchez-vous sur votre corps et le plaisir ressenti en bouche.

L’importance de s’écouter

Manger en présence de faim physique et arrêter lorsque nous sommes rassasiés est la clé d’un poids sain. Les envies spécifiques ont également une grande importance dans la satisfaction que nous avons par rapport à notre alimentation. Si vous avez envie de sucré, mais que vous choisissez de manger un fruit parce que c’est un « meilleur » choix, serez-vous satisfait? Vous risquez plutôt de vous sentir frustré et vous n’aurez pas ou très peu de plaisir à manger le fruit. Lorsque les « aliments plaisirs » ont repris leur place et que vous ne ressentez plus de culpabilité en les mangeant, soyez sûr que votre attirance envers ces aliments diminuera avec le temps.

Améliorer sa relation avec les aliments

Changer votre vocabulaire peut faire toute la différence quant à la relation que vous entretenez avec un aliment. Enrayez les mots tels que «tricher», «contrôler», «mauvais», et remplacez-les par des mots positifs comme « plaisir » et « équilibre ». Tentez l’expérience de la désensibilisation :

  1. Choisissez un aliment qui tend à vous faire ressentir de la culpabilité.
  2. Prenez une petite portion et dégustez-la en présence de faim physique.
  3. Répétez l’expérience plusieurs jours de suite; votre corps et votre tête comprendront que l’aliment reviendra. Vous aurez beaucoup de plaisir à en déguster une quantité modeste et les sentiments négatifs que vous portez à l’égard de l’aliment disparaîtront, de même que votre envie d’en surconsommer.

Pour en savoir plus

Vous désirez en connaître plus sur la campagne de sensibilisation pour la Journée internationale sans diète? Visitez le site Web de l’organisme Équilibre.

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